Cette petite série de cinq images a été la première que j’ai photographiée à Beijing. Ce que je trouve fort intéressant de cette série c’est que les images ont été captées sur une Grande Allée importante entre le « village » et le quartier le plus riche de Beijing (à trois coins de rue du « village »). Les éléments qui apparaissent dans cette série démontrent bien la dualité entre les niveaux sociétaires de cette région de Beijing, et ce, par la séparation entre chaque image qui forme un panorama en soi.
Mettre des panneaux/affiches en Chine n’est pas très évident à cause des règlementations …et des conséquences. Pour ce fait, je me suis sentie très chanceuse d’avoir habité ce « village » où les gens sont assez habitués d’avoir un flux d’étrangers changeant tous les mois. En Chine, les codes QR sont très à la mode. C’est pourquoi j’ai choisi conscient d’intégrer ces codes dans mes images plutôt que de placer des panneaux indicateurs « prendre photo ici » afin de mettre en marche la transformation de différents espaces en places par la voie/x du photographique dans le contexte artistique. Cependant, après avoir installé les affiches avec les codes, certains problèmes techniques ont survenus et je n’ai jamais reçu d’images. Également, après avoir discuté avec des étudiant.e.s universitaires lors d’une présentation de mon travail dans leurs cours, ils m’ont informé de certains aspects culturels qui également fait en sorte que je ne recevais pas d’images : les gens ont peur des codes QR en pensant que c’est le gouvernement!
Dans ce petit « village », les aspects « naturels » se font que rares. Parfois, ils apparaissent ici et là, frêle dans leur paysage robuste et difficile. Ils sont difficiles à trouver, mais ils y sont. Ils se forment et poussent malgré tout. Ils « embellissent » aussi bien qu’ils le peuvent ce lieu qui est un entre-deux en soi, où tout est entouré de poussière, déchet, objets non-utilisés, etc. Pour ce projet, j’ai créé une accumulation d’image que les specateteurs pouvaient eux-mêmes manipuler. La pile d’image fut placée sur une table et les gens les regardaient une à une en les manipulant eux-mêmes. Cette méthode de présentation a fait en sorte que les images d’élément naturel étaient disposées de la même façon que les objets non-naturels l’étaient; simplement aléatoirement.
Mon équipement moyen format est gros, encombrant et peu sembler envahisseur. De ce fait, et ce, surtout au début de la résidence, j’ai été très hésitante à capter avec ce gros appareil afin de ne pas envahir l’espace des gens; comme si j’envahissais quelque chose qui ne m’appartenait pas. Un autre aspect aussi était le fait de ne pas avoir un recul adéquat des sujets que je voulais capter puisque les rues du village sont trop étroites. J’ai donc, par défaut, utilisé mon iPhone 6. Ceci a fait en sorte que je pouvais me « cacher » davantage sans envahir leur espace. Aussi, le fait que la grande majorité des gens ont un/des mobile/s en Chine (même les mémés du village), il me semblait qu’avec cette technique, je pouvais davantage me camoufler dans la foule. Ce 3e projet est venu non par hasard, mais par coïncidence. J’ai capté des panoramas (avec la fonction du même non), mais en bougeant par les différents moyens de transport que j’ai utilisé lors de ma résidence : marche à pieds, vélo, petit autobus du village, autobus de ville, etc. Le capteur du iPhone 6 capte les lignes horizontales du paysage, mais à de la difficulté à lire les lignes verticales. De ce fait, ces dernières se fondent comme des fantômes, mais les images se forment graduellement en fonction de la vitesse à laquelle je bougeais dans le paysage. Les images mêmes sont les lieux en transformation de la ville et/ou des lieux mêmes qui ont été transformés (ex. : un « village » qui a été rasé et transformé en « foret » où les arbres sont tout alignés parfaitement). Ce projet réunit donc toutes mes thématiques, mais tout en parlant du photographique en soit : temps physique et le temps représenté.
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